A fisher wearing orange rubber overalls stands on the deck of a vessel, reaching up with a long pole to bring a net full of fish – which is suspended above the deck by ropes – onto the boat.
L’année dernière, les gestionnaires de la pêche en Méditerranée ont adopté leurs premières limites de capture pour les pêcheries de sardines et sont prêts à poursuivre sur cette lancée cette année. Texte alternatif : Un pêcheur portant une combinaison orange en caoutchouc se tient sur le pont d’un navire et tend une longue perche afin de ramener sur le bateau un filet rempli de poissons, suspendu au-dessus du pont par des cordes.
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Durant des décennies, la surpêche a mené les espèces méditerranéennes au bord de l’effondrement, notamment les sardines, le merlu et la dorade. Aujourd’hui, plus de la moitié des stocks de poissons évalués par la Commission générale des pêches pour la Méditerranée CGPM), qui réglemente la pêche en Méditerranée et en mer Noire, sont surexploités. Lorsque la Commission se réunira du 3 au 9 novembre à Malaga, en Espagne, ses membres pourront commencer à s’attaquer à ce problème. Avec l’adoption de son premier plan de reconstitution de la dorade rose et la protection des habitats plus vulnérables, la CGPM peut fixer une nouvelle norme pour la gestion des pêches dans la région. 

De nouvelles zones réglementées devraient aider les espèces vulnérables

La CGPM a toujours utilisé des zones de pêche à accès réglementé (FRA) pour limiter ou interdire les activités de pêche et l’utilisation d’engins destructeurs. Les FRA peuvent contribuer à réduire les prises accessoires et offrir un refuge aux espèces des écosystèmes marins vulnérables. Des rapports récents ont identifié le golfe de Tunis, le golfe de Hammamet et le banc de Mammellone dans le détroit de Sicile comme étant des sites appropriés pour l’établissement de FRA par la CGPM.

Ces sites sont des habitats essentiels pour les mollusques, les requins, les poissons pélagiques et les crevettes d’importance commerciale et, peut-être plus particulièrement, des zones d’alevinage pour le merlu européen, autre espèce d’importance commerciale qui, comme les crevettes, est surexploitée par les chalutiers dans le détroit de Sicile. En adoptant les FRA dans les zones identifiées par les scientifiques, la CGPM peut aider ces espèces ainsi que d’autres à se rétablir.

Les stratégies de capture permettent de lutter contre la surpêche

Même si les FRA peuvent contribuer à la protection d’habitats et de populations de poissons importants en limitant la pêche dans une zone spécifique, les stratégies de capture garantissent une gestion plus stable, fondée sur des données scientifiques, là où la pêche est pratiquée. Les stratégies de capture, qui constituent une innovation scientifique en matière de gestion des pêches, ont été mises en œuvre par nombreuses organisations régionales de gestion des pêches (ORGP), dont la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique.

En résumé, les stratégies de capture évaluent une série de scénarios afin de comprendre comment les conditions environnementales les plus probables (changements de température des océans, par exemple) sont susceptibles d’affecter les populations de poissons. Cette approche augmente les chances de réussite de la stratégie choisie. Par exemple, si une population de poissons est en bonne santé et n’est pas menacée par le réchauffement des eaux, les gestionnaires peuvent maintenir ou augmenter progressivement les limites de capture. En revanche, si cette population montre des signes de déclin ou de stress, les gestionnaires devront abaisser les limites jusqu’à ce que son rétablissement soit avéré.

En 2024, la CGPM a adopté ses premières règles de contrôle des captures (HCR) pour gérer de manière plus proactive ses pêcheries de sardines et d’anchois en mer Adriatique. Les HCR, qui constituent souvent la base de stratégies d’exploitation plus larges, fixent automatiquement des limites de capture fondées sur les estimations les plus récentes des scientifiques concernant l’état de santé d’une population de poissons. Cette année, les membres de la CGPM ont la possibilité de s’appuyer sur ces progrès en adoptant une stratégie de capture intégrale de la dorade rose en Méditerranée occidentale.

La population de dorades rose a été ramenée à environ 5 % de son niveau non pêché, ce qui montre la nécessité urgente d’une stratégie de capture. La Commission examinera plusieurs stratégies de capture possibles lors de la réunion de cette année, et bon nombre de ces options devraient permettre la reconstitution de ce stock avant qu’il ne s’éteigne commercialement. En outre, l’adoption d’une stratégie de capture pour la dorade rose en novembre permettrait à la CGPM de se concentrer ensuite sur d’autres espèces nécessitant une gestion ciblée en 2026 (merlu européen et crevette dans le détroit de Sicile, par exemple).

Un tournant pour les pêcheries en Méditerranée 

La pêche a façonné la vie en Méditerranée, et ce depuis bien avant l’Empire romain, mais des siècles de surexploitation ont conduit de nombreux stocks au bord du gouffre. En vue de protéger les pêcheries si vitales pour la région, il est essentiel que la CGPM rejoigne les autres ORGP pour utiliser les outils de gestion adaptés au 21e siècle. En utilisant les FRA pour mieux protéger les habitats sensibles et en adoptant des stratégies de capture, la CGPM peut s’appuyer sur ses récents progrès en matière de gestion de la pêche fondée sur la science. Associés, ces outils contribueront à corriger les erreurs de gestion du passé, à permettre aux espèces cibles de se reconstituer et à commencer à assumer les responsabilités des gestionnaires de la Méditerranée en matière de protection des écosystèmes dont dépendent ces pêcheries de grande valeur.

Esther Wozniak est responsable et Grantly Galland est directeur du projet des pêcheries au niveau international pour The Pew Charitable Trusts.

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